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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 16:01

Je termine avec grand plaisir les Mémoires de Madame Campan dans lesquelles cette Première femme de chambre de Marie-Antoinette (Mercure de France, Le Temps retrouvé) relate son quotidien auprès de la reine, et plus généralement de Leurs Majestés, ainsi que plusieurs faits historiques, anecdotes personnelles, entrevues...

Cette période couvrant une vingtaine d'années (de 1774 à 1792), on croise dans ce livre émouvant et très intéressant, outre Louis XVI et de Marie-Antoinette, aristocrates, domestiques, princes étrangers, officiers, révolutionnaires, chefs révolutionnaires (entre autres, Barnave, Robespierre, Mirabeau), simples citoyens...

 

Une fois ses mémoires terminées, Madame Campan se plait à brosser quelques portraits et à révéler de nouvelles anecdotes, qu'elle affirme véridiques.

La première d'entre elles, racontée à son beau-père par Monsieur Lafosse, "un vieux médecin ordinaire de Louis XIV" évoque la façon dont les officiers de la chambre du roi, offensés de devoir prendre leur repas avec Molière, traitaient celui-ci.

 

Louis XIV, voulant faire cesser ces outrages "qui ne devaient pas s'adresser à l'un des plus grands génies de son siècle, dit un matin à Molière à l'heure de son petit lever : "On dit que vous faites maigre chère ici, et que les officiers de ma chambre ne vous trouvent pas fait pour manger avec eux. Vous avez peut-être faim, moi-même je m'éveille avec un très bon appetit ; mettez-vous à cette table et qu'on me serve mon en cas* de nuit".

Alors le roi coupant sa volaille et ayant ordonné à Molière de s'asseoir, lui sert une aile, en prend en même temps une pour lui et ordonne qu'on introduise les entrées familières qui se composaient des personnes les plus marquantes et les plus favorisées de la cour.

"Vous me voyez, leur dit le roi, occupé à faire manger Molière que mes valets de chambre ne trouvent pas assez bonne compagnie pour eux"

De ce moment Molière n'eut plus besoin de se présenter à cette table de service, toute la cour s'empressa de lui faire des invitations." 

 

Moliere-et-L14

 

* en-cas : ainsi que le précise Madame Campan au tout début de ce chapitre réservé aux Anecdotes du règne de Louis XIV : "tous les services de prévoyance s'appelaient des en cas. Quelques chemises et des mouchoirs conservés dans une corbeille chez le roi et chez la reine, en cas que Leurs Majestés voulussent changer de linge sans envoyer à leur garde robe, formaient le paquet d'en cas.

(...) Le soir on apportait chez la reine un grand bol de bouillon, un poulet rôti froid, une bouteille de vin, une d'orgeat, une de limonade et quelques autres objets : cela s'appelait l'en cas de la nuit."

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Published by agnès lambert ; romancière, nouvelliste
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