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On ne le dira jamais assez... le parcours d'un écrivain est un parcours semé d'embûches et une partie de ces embûches vient de son éditeur...

 

Cet éditeur dont Balzac disait qu'il faudrait pouvoir s'en passer est à la fois un tremplin et un frein, un soutien et un emmerdeur. Son statut d'épicier, de commerçant, d'entreprise, qui veut engranger toujours plus d'argent, faire davantage de bénéfices, se tailler la part du lion et gagner en part de marché, le rend souvent et rapidement insupportable aux yeux de la plupart des écrivains qui se sentent assez vite rangés dans la catégorie des "vaches à lait" ou autre "faire-valoir".

 

L'éditeur est du genre à vous passer la pommade et à vous envoyer des fleurs tant que vous n'avez pas signé ce contrat de publication qui lui donne quasiment tous les droits sur votre travail.

Une fois le contrat signé, le Bon A Tirer signé, le livre paru, bien souvent, il changera brutalement son fusil d'épaule, et à la première remarque un tantinet pertinente que l'auteur lui fera, l'éditeur se drapera dans un mépris courroucé et glacial. 

Avec aplomb et sans toujours beaucoup de tact (!!) il expliquera à l'auteur que ce dernier n'est rien sans lui et qu'il a bien de la chance d'avoir pu publier son livre à compte d'éditeur car, tout bien considéré, ajoutera l'éditeur a demi-mots, votre bouquin ne vaut pas tripette et c'est une chance infinie que vous ayez pu nous trouver !!

 

Après six textes publiés par six éditeurs différents, je commence à avoir une idée sur la question et cette idée n'est pas très joyeuse ni très optimiste.

Et je serais prête à parier que les relations éditeur/auteur sont un calvaire pour plus des deux tiers des auteurs et probablement pour la moitié des éditeurs. 

En effet, ce sont deux mondes qui se complètent autant qu'ils s'affrontent !

Même en y mettant des gants, en passant des bons gros coups de brosse à reluire, en se montrant patient(e), disponible... il est très difficile de rester en équilibre sur ce filin tendu entre ce qui relève de l'art ou de la création et ce qui appartient au commerce et au "publier plus et parfois tout et n'importe quoi pour gagner plus" !

 

 

Les choses seraient certainement plus simples et plus saines si l'écrivain se contentait d'écrire et de participer à des salons du livre, à des séances dédicaces en librairie, allaient à la rencontre des lecteurs  et que les éditeurs s'occupassent (oui je sais ça fait bizarre !) de ce qui leur incombe, à savoir  :

- le service presse (adresser des exemplaires à leurs copains journalistes et chroniqueurs) ;

- la promotion du livre sur divers supports ;

- faire le compte des livres vendus sur l'année et reverser les droits d'auteur.

 

Si les éditeurs utilisaient ces innombrables publications de textes et d'oeuvres tombés dans le domaine public - et donc soustrait à tous droits d'auteur - pour engranger de l'argent qu'ils redistriburaient ensuite sous forme d'aides à la publication, ou en publiant des inconnus, en prenant davantage de risques, en investissant autrement... il est probable que les choses seraient plus agréables pour tout le monde. Et que les lecteurs y gagneraient !!

 

Or, il faut bien l'avouer, l'éditeur n'a plus vocation de mécène - mais probable qu'il ne l'a jamais vraiment eue ? -, l'éditeur est une entreprise comme une autre qui doit dégager des bénéfices et payer ses employés (dans cet ordre là ? Oui !!)

C'est aussi une entité qui veut trouver la perle rare sans avoir, si possible, rien à débourser...

 

L'éditeur veut de la nouveauté pas trop nouvelle parce que ça fait fuir le lecteur, du moderne qui rappelle les classiques parce que c'est une valeur sûre, et de l'inconstant qui reste constant parce qu'il faut toujours savoir où l'on met les pieds... Il veut normaliser la dénormalisation, braver les interdits sans trop prendre les armes ni monter au créneau... affirme son ouverture et sa "branchitude" en publiant quelques OVNI littéraires... qui justifient ou excusent tout le reste... s'aide le plus souvent - mais pas toujours - d'un distributeur aux méthodes virales qui lui même inocule ses virus littéraires à des centaines de libraires plus ou moins bien protégés contre de telles pandémies vaguement culturelles.

 

Quand il n'a ni distributeur digne de ce nom, ni service presse un peu chiadé, ni réseaux de copains influents, ni les épaules assez larges, il refile le bébé à son auteur et c'est ainsi que l'écrivain que je suis se retrouve à faire 80% de la promotion de son livre. Et lorsque j'en viens à taper du poing sur la table parce que j'ai :

 - perdu ma directrice d'ouvrage en pleines corrections ;

 - constaté que le roman était sorti avec des coquilles parce que les corrections étaient restées inachevées ;

- fait la majorité de la promotion

  * en créant puis en faisant imprimer des affiches que j'ai distribué aux commerçants, à la médiathèque, à l'office de tourisme, à la MJC ;

  * en créant un blog dans lequel c'est essentiellement Owein Tenby qui parle et relate son histoire ;

  * en alimentant régulièrement ma page auteur facebook ;

   * en trouvant des endroits (salons du livre, librairies, évènements...) où me rendre pour y présenter et y dédicacer mon livre,

je me fais remonter les bretelles par un responsable diffusion sorti tout droit de l'industrie et prêt à être de la pire des mauvaises fois pour étayer des propos qui, de toutes façons, ne tiennent pas debout et sont franchement super déplaisants.

 

Il y a de quoi être de mauvaise humeur !!

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